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Le chômage : pas de quoi se réjouir !

Les chiffres du chômage sont un indicateur très regardé par les Français : le chômage étant l’une des plus grandes peurs des actifs et de leur famille. Être au chômage, c’est une baisse de revenus, la précarité, l’incertitude des lendemains, et une souffrance sociale.

Alors quand on vous annonce à renfort de plan de communication bien huilé que le nombre de demandeurs d’emplois a baissé en 2019 comme jamais depuis 10 ans, il devrait y avoir dans le pays, un soulagement général.

Eh non. Quand on regarde l’année 2019, on se rappelle d’une contestation sociale sans précédent avec des milliers de manifestants dans les rues, on se rappelle d’un chiffre : celui de 400.000 pauvres de plus. On se rappelle des annonces de destructions d’emplois avec plus de 23 plans sociaux de grande envergure mis en place par des entreprises qui n’ont eu aucun scrupule à profiter de l’argent public pour enrichir des actionnaires.

On nous dit de regarder les données macro : -3,3% de demandeurs d’emploi en 1 an, soit 120.000 chômeurs déclarés à Pôle emploi. La macronie entière se défoule sur les réseaux sociaux : « réjouissez-vous ! » ou « taisez-vous ! » nous enjoignent-ils.

Et si on essaye de ne pas prendre leur communication comptant, si on prétend analyser ces données, les macroniens peuvent aller jusqu’à l’énervement, voire, point Godwin absolu, vous parler du Venezuela.

On prend le risque en quelques lignes et on y regarde de plus près :
– En 1 an, le gouvernement enregistre un retour à l’emploi (stage et formation inclus) de 1%.
– En 1 an, nous enregistrons une sortie de Pôle emploi pour radiation ou défaut d’actualisation de 1,7%

Le chiffre du retour à l’emploi est un indicateur économique à mettre en perspective avec le taux de croissance sur l’année 2019, ou encore avec les taux de recrutement en CDI/CDD (qui stagnent plus qu’ils ne progressent) ou encore avec le taux de création de micro-entreprise (+17,9%).

Tandis que le chiffre des sorties pour radiation ou défaut d’actualisation en dit long sur la nouvelle politique de comptage imposée par le gouvernement : le taux de chômage baisse grâce à cette politique qui « sort » des statistiques plus de personnes qu’elle n’en accompagne vers l’emploi.

On comprend alors que l’efficacité de la politique gouvernementale en matière de chômage est avant tout et essentiellement comptable : il s’agit non pas de créer des emplois durables mais de baisser le chiffre officiel du chômage.

La réalité des carrières « heurtées », des permittents comme on dit dans le jargon Pôle emploi, est d’autant plus violente quand on la met en perspective avec le projet de retraite par points.

Notre économie ne permet pas de se réjouir : elle est instable, incertaine et très clairement, elle manque d’une politique volontariste. Le CICE et les exonérations de cotisations sociales en tout genre ont couté des dizaines de milliards d’euros. Chaque année, 40 milliards de CICE pour quelques dizaines de milliers d’emplois créés. Et le sentiment d’instabilité se conjugue à celui d’injustice quand on apprend que Carrefour va supprimer jusqu’à 3000 emplois, 1000 postes pour Cora alors que ces deux entreprises ont bénéficié de 775 millions d’euros de CICE.

La communication du gouvernement se heurte à cette réalité violente : une politique comptable, des cadeaux fiscaux pour plus de précarité et de l’injustice. « Réjouissez-vous ! » ou « taisez-vous ! » lit-on sur les comptes Twitter des sympathisants de Macron. La réponse est non. On ne peut pas se réjouir de la précarité montante, ni de chiffres tronqués par une méthode brutale d’effacement des gens. On ne peut pas se taire non plus.

Car se taire, c’est renoncer à défendre l’idée qu’une politique de relance de l’économie et de créations d’emplois est possible, par la transition écologique par exemple, par le développement des services publics ou encore par la mise en place du protectionnisme solidaire. Et soyons clairs : les exonérations sociales et fiscales ne font pas une politique économique, encore moins une politique de justice sociale.